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Le procès des militaires congolais se poursuit à Goma

Zanem Nety Zaidi
20 septembre 2023

Ces militaires sont accusés d’avoir participé au massacre de près de 60 personnes le 30 août dernier à Goma.

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Un avocat et un soldat devant le tribunal où se tient le procès pour le meurtre de 56 civils à Goma
Ce massacre a provoqué une vive indignation en RDCImage : Arlette Bashizi/REUTERS

Cela fait désormais deux semaines que le procès de six militaires de la garde républicaine a débuté à l'auditorat militaire de la garnison de Goma, dans l'affaire du meurtre de plus de cinquante civils.

Jacques Sinzahera, acteur de la société civile du Nord-Kivu, estime que ce procès devrait désormais prendre fin.

"Le coupable est connu et les témoins ont démontré que le tueur des citoyens Wazalendo c'est le colonel Mike Mikombe qui doit être condamné à perpétuité. Un procès en flagrance ne peut pas prendre deux semaines. Nous ne savons pas ce que la justice est en train de fomenter. Entretemps, il doit d'abord être condamné pour que la population comprenne qu'il y a une justice indépendante", dit l'acteur de la société civile.

Toujours le choc

57 corps des civils tués dans le carnage du 30 août ont été enterrés lundi dans la soirée en présence du ministre de l'Intérieur, mais de nombreuses personnes restent encore sous le choc de n'avoir pas pu identifier leurs proches avant leur inhumation.

Le député national, Jean-Baptiste Kasekwa, appelle la population de Goma à une mobilisation solidaire.

"Même des chiens ne sont pas traités comme les habitants de Goma sont traités aujourd'hui. Il y a une maman ici, on vient d'enterrer deux de ses enfants, il ne lui a même pas été accordé d'identifier les corps de ses enfants. J'invite toutes les bonnes volontés de Goma, à se mobiliser pour créer des cellules d'accompagnement psychologique car je vois des mamans et des papas traumatisés qui ont besoin d'accompagnement", estime Jean-Baptiste Kasekwa.

Des magistrats militaires dirigent une audience pour le meurtre de 56 civils à Goma
Six militaires congolais dont deux officiers supérieurs sont dans le box des accusés après la répression qui a fait une cinquantaine de morts le 30 aoûtImage : Arlette Bashizi/REUTERS

La tête de Constant Ndima réclamée

Les familles des victimes du carnage attendent quant à elles, la comparution du gouverneur militaire, Constant Ndima, qui, selon Moïse Hangi, l'un des membres de ces familles, devrait répondre de ces crimes en tant que commandant des opérations militaires en province.

"Nous insistons sur le fait que les auteurs doivent être arrêtés et jugés, notamment le gouverneur Constant Ndima. Nous demandons toujours que les survivants rescapés qui demeurent détenus au sein de la prison centrale de Munzenze soient tout simplement libérés".

Ce mardi (19.09.2023), le général major Peter Chirimwami a été installé au poste intérimaire de gouverneur et a pris le commandement des opérations militaires en province du Nord-Kivu.

Cette nomination fait suite au rappel à Kinshasa de l'ancien gouverneur, Constant Ndima, après le carnage du 30 août.